Le métier de photographe a dû s'adapter à la pandémie

Photographe en temps de pandémie : qu'est ce qui a changé depuis un an ?

L'épidémie de Covid-19 poursuit ses méfaits un an après son apparition dans nos vies, et avec le tout dernier reconfinement, les pratiques des commerces de proximité, qui s’adaptent au rythme de la transmission de la maladie et des décrets gouvernementaux, n’en finissent pas d’être bouleversées. Parfois, c’est même un véritable casse-tête. En effet quelles sont les nouvelles règles sanitaires pour les commerces non essentiels ? Et dans quelles conditions les protocoles sanitaires ont-ils évolué depuis le début de la pandémie? Exemple avec une photographe de studio, Nathalie Gautier, qui nous livre ses sentiments sur cette période bien étrange que nous traversons.

Depuis le 2 avril dernier, les commerces dits non essentiels ont dû refermer leurs portes après plusieurs périodes de confinement, de couvre-feu et de restriction protocolaire successives. Ce n’est pas pour autant que l’activité s’arrête. Pour Nathalie Gautier, photographe en Loire Atlantique, c’est loin d’être le cas et sa boutique ainsi que son studio ont connu toutes les adaptations sanitaires obligatoires afin de faire perdurer son activité.

« L’habitude de la maladie s’est aujourd’hui peu à peu installée, nous dit-elle. Les décrets on regarde, mais heureusement on est suivis par un syndicat qui va vérifier les infos, pour nous.Typiquement, on n’a pas le droit d’ouvrir au public, et on n’a pas le droit de faire des photos en extérieur au domicile des gens. » 

Pas de séance studio et une activité sous surveillance

Le protocole sanitaire n'autorise pas en effet les déplacements de particuliers vers le studio pour des séances de photographie. Les prestations photographiques au domicile des clients sont également désormais impossibles, le décret énumérant limitativement les activités autorisées au domicile des particuliers. 

Certaines préfectures autorisent cependant la réalisation de photos d'identité dans le cas de situations d'urgence et sous la condition de prendre rendez-vous au préalable. 

« On a le droit de faire des photos d’identité, mais uniquement pour des professionnels, rappele Nathalie. Alors que les mairies sont ouvertes, les auto-écoles aussi, donc les gens ont besoin de faire des photos d’identité…tout ça n’est pas très logique! »

« Au 2ème confinement, on pouvait accueillir les gens mais pas dans n’importe quelles conditions. Il fallait aérer le studio toutes les heures pendant un quart d’heure, désinfecter les tables, les sièges systématiquement avec du gel hydroalcoolique, et du coup on espaçait les prises de vues. Les gens arrivaient masqués mais ils l’enlevaient pour la prise de vue évidemment, pendant que moi je gardais mon masque bien sûr. Je ne les touchais pas mais pendant l’action je ne suis pas sure de ne pas avoir touché des personnes… »

L'accueil du public est donc désormais aujourd’hui interdit. Mais il est possible de délivrer les produits commandés sur rendez-vous, le fameux Click and Collect, ce qui a permis notamment à la boutique de Nathalie de maintenir son commerce quotidien hors d’eau. Cependant, c’est avec les professionnels qu’elle continue son travail de prise de vue: « Comme on a le droit de travailler pour les pros, je continue de programmer des prises de vue de chaussures, de vêtements et ainsi de suite. C’est moins drôle que l’humain, mais cela fait partie de mon métier. »

La question des prises de vue extérieures 

Ainsi, les photographes peuvent tout de même réaliser des prises de vues en extérieur, avec occupation du domaine public. Mais il leur faudra demander une autorisation spécifique en préfecture. Et pour se déplacer, bien sûr l’attestation de déplacement dérogatoire est obligatoire pour les déplacements vers ou depuis le lieu d'exercice de l’activité professionnelle.

Tout comme pour les achats de produits nécessaires à l'activité, les retraits de commande chez les fournisseurs ou la livraison de commande chez leurs clients.

Une activité restreinte donc qui permet de dire à Nathalie, qu’en dépit de l’adaptation permanente dont elle a du faire preuve depuis un an, son travail reste plus que jamais utile à la collectivité: « Nous, on s’en sort bien. On a surtout été étonnés de voir comment les gens ont réagi positivement par rapport à la photo. Des photos d’eux avec leur enfant avant dans leur salon, sûr ils ne l’auraient pas fait auparavant. Mais la maladie a fait changer les comportements.»

La photographie est progressivement devenue essentielle pour les gens

Après le premier confinement, Nathalie et son compagnon ont ainsi beaucoup photographié de familles en studio. 

La configuration était souvent assez similaire: des parents avec des ados ou jeunes adultes avec qui ils avaient été confinés la première fois ou au contraire complètement séparés durant le premier confinement. 

Nathalie nous confie : « C’était des familles qui avaient envie de marquer le coup, conscients des séparations à venir, ou qu’ils avaient vécu l’an dernier. L’envie était devenue très forte de se faire photographier pour dire qu’ils étaient bien ensemble, ou pour prolonger et immortaliser ce moment là.. »

Son regard de photographe a perçu les changements de comportements dus à la pandémie et à nos bouleversement de vies: « A la sortie du confinement, on a vécu des moments très chouettes tant pendant la séance que pour la découverte des photos. Un rapprochement et une conscience aiguë d’être ensemble. Nos modes de vie ont complètement changé mais avec le temps cette maladie fait ressortir les valeurs fondamentales des gens. Et toute la notion de la vie en communauté. »

Aujourd’hui, Nathalie sent que les gens sont un peu plus perdus, fatigués et moins patients. Plus agressifs aussi. Et avec empathie, elle confie : « La vie s’est sans doute durcie pour eux. Ce ne doit pas être simple ».

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