Hormis le coronavirus, tour d'horizon sur les autres virus émergeants

Virus émergents : de quoi sera fait notre futur sanitaire?

L’installation durable du Coronavirus dans nos vies quotidiennes nous rend plus que vigilants sur l’état de nos santés, mais outre la Covid-19, quid des autres virus en cours et surtout, où en sont nos découvertes ? Tour d’horizon sur le front des virus émergents.

En effet, les virus jusqu’alors inconnus ou partiellement connus et qui frappent de manière récurrente la population humaine sont plus que jamais d’actualité. De multiples facteurs peuvent expliquer cette dynamique. Le plus important est certainement la capacité d’évolution et d’adaptation rapide de ces virus. Favorisées par la pression démographique, l’évolution des modes de vie et le réchauffement climatique, les grippes multiples, gastro-entérites, ou grippes aviaires ont bien réactivé leur propagation, mais sont aujourd’hui en partie freinées dans leur expansion grâce aux gestes barrières que nous avons adopté depuis le printemps dernier.

De l’animal à l’homme : les virus prennent place

Par ailleurs, la majorité des virus émergents chez l’Homme proviennent de « réservoirs animaux » : leur infection est tout d’abord prédominante chez une espèce animale en particulier (chauve-souris pour le virus Ebola, les espèces aviaires dans le cas du virus de la grippe aviaire H5N1…). Ensuite, il peut arriver que via divers mécanismes génétiques (mutations, réarrangements…), ils parviennent à s’adapter à l’Homme, c’est-à-dire à entrer efficacement dans ses cellules, à s’y multiplier puis à se transmettre entre personnes. On appelle cela les zoonoses.

Un nouvel intervenant sur la planète virus : Cristoli

En pleine pandémie de coronavirus, des scientifiques français ont découvert un nouveau virus baptisé "Cristoli", dont l'un des symptômes est l'encéphalite, révèle l'Assistance publique hôpitaux de Paris (AP-HP).

Au mois de Juin dernier, une femme de 58 ans est décédée d'une encéphalite à Paris, après une forte fièvre, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Ne trouvant pas d'explications à sa dégradation physique, les médecins ont fait appel aux virologues de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil, pour mettre en évidence ce virus jusqu'alors jamais répertorié.

Le terme Cristoli signifie en fait le virus de Créteil. Il fait partie d'une famille de virus pré-existente baptisée "bunyavirus", qui a la particularité d'être transmise par des moustiques, sans pour autant déclencher des maladies graves. Le Cristoli virus est classé dans la catégorie des virus neurologiques.

Selon ces services, il ne s'agit cependant pas d'une nouvelle épidémie, mais d'un cas isolé. La patiente avait visiblement un terrain très fragile, elle était immunodéprimée et touchée par une grave maladie. Un certain nombre d'inconnues persistent. On ne sait pas où la patiente l'a contracté, ni exactement comment.

En Chine, l’apparition d’une nouvelle souche de virus de la grippe A (G4 EA H1N1) 

En Chine, des chercheurs ont détecté une nouvelle famille de virus de grippe porcine, révèle une étude parue lundi 29 juin 2020 dans la revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Sciences. Une nouvelle souche de virus de grippe porcine a été retrouvée chez 10% des ouvriers travaillant dans l’industrie porcine et chez 4% de la population générale en Chine, ont révélé ces chercheurs. Pour le moment, aucune transmission interhumaine n'a été observée.

Ce virus provient d’un réassortiment de gènes issus de plusieurs lignées de virus influenza porcins. Et ce qui a alerté les chercheurs est que certains de ses gènes sont issus du virus H1N1, qui avait causé la fameuse pandémie de grippe chez l’homme en 2009. 

Autant dire qu’on craint que la souche ne mute davantage et devienne plus contagieuse, et qu’elle devienne facilement transmissible d'une personne à l'autre provoquant de nouveau une épidémie mondiale.

La « fièvre de Chapare », un virus méconnu réapparaît en Bolivie

La province bolivienne de Chapare, où l’on cultive la coca, fait partie de ces zones de contact entre la civilisation et le monde sauvage, ces lieux où de nouveaux virus peuvent passer de l’animal à l’humain, les fameuses zoonoses. En janvier 2004, l’une de ces maladies dites émergentes a provoqué la mort d’une personne avant de disparaître jusqu’à l’année dernière. De nouvelles données ont fait l'objet de discussions lors de la réunion annuelle mi-novembre de l'American society of tropical medicine and hygiene, rapporte Futura Sciences. Aujourd’hui, ces chercheurs rendent publique cette réapparition qui aurait été à l’origine de trois nouveaux décès.

Fièvre, maux de tête, douleurs articulaires et musculaires, vomissements et signes d’hémorragies multiples, tels sont les symptômes – similaires à ceux d’Ebola – issus des premiers cas de la maladie. Les scientifiques y ajoutent désormais le saignement des gencives, des irritations cutanées et une douleur derrière les yeux. La fièvre hémorragique de Chapare (CHHF) reste donc aujourd’hui une source d’inquiétude par ses multiples moyens de transmission potentielle entre humains.

Un nouveau cas d'infection à la « variole de l'Alaska »

Le virus découvert cette année après un premier cas en 2015, a été transmis apparemment par des petits mammifères. Aujourd’hui, il semble pour l'instant cantonné à l’Alaska.

Pour la seconde fois, un nouveau virus de la famille de la variole vient de frapper une résidente de Fairbanks en Alaska. Cette dernière a contracté au mois d'août une infection nommée « variole de l'Alaska ». Les médecins ont réalisé une biopsie de la lésion dans un laboratoire, qui a confirmé un test positif à un orthopoxvirus identifié pour la première fois en 2015 chez une autre résidente de Fairbanks.

Cette « variole de l'Alaska » serait donc apparemment transmise par de petits mammifères que détenaient les deux patientes, chats, chiens ou autres animaux plutôt domestiqués,  la source exacte étant encore incertaine. En raison de la proximité géographique des deux cas - celui de 2015 et celui-ci, il est probable que le virus provienne d'un animal vivant en Alaska », avancent les experts.

Les autorités se veulent toutefois rassurantes. Les deux cas se sont produits à cinq ans d'écart, et il est donc probable que l'infection à l'Homme ne soit qu'occasionnelle. 

En 2019, le CNR-Laboratoire Expert Orthopoxvirus (Institut de recherche biomédicale des armées du Val-de-Grâce) mettait en évidence deux types de risques liés aux orthopoxvirus : une potentielle réémergence de la variole, et l'émergence d'autres orthopoxvirus facilitée par l'absence d'immunité croisée depuis l'arrêt de la vaccination antivariolique.

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